Accueil
   
Index
   
Soumettre
un article
   
Projet éditorial
   
Les numéros en ligne
  • 7 | 2014
    Les espaces de l'entre-deux
  • 6 | 2013
    Géographie des faits religieux
  • 5 | 2013
    Géographie humanimale
  • 4 | 2012
    Géographies critiques
  • 3 | 2012
    Les géographies des enfants et des jeunes
  • 2 | 2011
    Espace virtuels et varia
  • 1 | 2010
    Varia
  •    
    Qui sommes- nous?
       
    Contact
       
    Flux_rss Flux RSS
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       

    globeCarnets de soutenances

     

    ANALYSE DE LA PERCEPTION ET DES FONCTIONS DES TOURBIERES l’exemple rhônalpin

    Céline Sacca

    Télécharger l'article

    Jusqu’à récemment l’étude des tourbières a essentiellement porté sur les aspects biophysiques. La richesse de leur biodiversité et l’originalité de leur fonctionnement hydrologique ont, en effet, été l’objet de très nombreux travaux scientifiques reléguant au second plan la dimension humaine de ces milieux pourtant bien réelle. Depuis quelques années, une évolution s’est toutefois dessinée sous l’impulsion notamment du Groupe d’Histoire des Zones Humides (GHZH) avec la volonté d’appréhender les tourbières au prisme des sociétés humaines leur conférant ainsi une dimension sociale et historique qui non seulement leur faisait défaut, mais autorise également la compréhension biophysique et la gestion patrimoniale de ces milieux palustres. Parallèlement l’intégration des fonctions des écosystèmes dans les stratégies de conservation a indéniablement renouvelé les critères pris en compte pour asseoir la préservation des zones humides. D’abord naturelles, les fonctions renvoient aujourd’hui aux nombreux rôles et services que la société assigne aux écosystèmes et qu’elle juge utile pour elle même.

    Situé à l’interface entre les tourbières et la société, ce travail a pour objet d’identifier et d’évaluer les fonctions des tourbières rhônalpines. Si à l’échelle régionale, le cadre physique est globalement favorable à la turfigenèse et présente une grande diversité de tourbières, l’aire d’étude résulte moins d’une réflexion géographique au sens convenu du terme que d’une conjoncture politique et scientifique propice. La région et les gestionnaires se sont, en effet, engagés dans une politique accrue de préservation qui a conduit à une connaissance relativement bonne des tourbières régionales grâce à l’inventaire réalisé par le Conservatoire Régional des Espaces Naturels (CREN). 623 sites ont été répertoriés pour une superficie estimée à 10 000 ha soit 0,2 % du territoire de la région. Il faut également souligner une dynamique de recherche importante encouragée par le lancement en 2003 du programme de recherche PETRA (Programme d’Étude des Tourbières RhônAlpine).

    Derrière l’objectif général d’identification et d’évaluation des fonctions, trois intentions apparaissent. Premièrement celle de prendre en compte la dimension humaine des tourbières à partir d’une démarche géographique qui s’appuie sur l’étude des relations tissées entre les tourbières et les sociétés tout en les replaçant dans leur contexte spatial. La seconde intention est de proposer une méthodologie claire et reproductible qui permette d’appréhender l’ensemble des fonctions en articulant différents niveaux d’information. Cet aspect méthodologique répond à une forte demande des gestionnaires dans la mesure ou les fonctions constituent aujourd’hui l’assise des politiques de préservation des milieux tourbeux. Enfin, la troisième intention est de penser ces relations en termes de gestion en s’interrogeant sur leurs contributions à la gestion des tourbières.


    La méthodologie mise en place présente trois volets. Tout d’abord une approche spatiale qui a consisté à caractériser et évaluer les fonctions des tourbières rhônalpines au sein de l’espace régional à partir de méthodes statistiques et multicritères. L’analyse de la base de données du CREN a ainsi permis d’observer grâce à une analyse factorielle des correspondances, les rapprochements et les oppositions entre les caractéristiques des tourbières régionales. Le prolongement de cette analyse par une classification hiérarchique a quant à lui, fait apparaître une typologie des tourbières selon leur degré de ressemblance. Quant aux méthodes multicritères, elles ont permis de construire sur la base de plusieurs critères un profil fonctionnel pour chaque tourbière.
    Ensuite et ce, afin de comprendre la façon dont se sont instituées les relations entre les tourbières et la société, le second volet du travail a porté sur les usages depuis le XIXème siècle, période charnière du rapport Homme/milieu. L’approche privilégiée a été une approche diachronique conduite à partir de méthodes historiques (consultations d’archives, documents cadastraux, études toponymiques…). Deux échelles d’analyse ont été appréhendées : une échelle locale à travers un échantillon de sites et une échelle plus petite, en l’occurrence celle de la région, afin de conserver une vue d’ensemble. Les moyens d’investigation ont été variables selon le niveau d’analyse concerné.
    Enfin, le troisième volet s’est intéressé à la portée socio-culturelle des tourbières souvent avancée mais rarement étudiée. Inscrites dans des territoires que les hommes se sont appropriés, les écosystèmes tourbeux mettent en relation différents acteurs qui ont développé à leur égard des rapports tout aussi différenciés. L’objectif était donc de restituer des visions plus variées qu’on ne le croit, de permettre le croisement de divers points de vue sur l’objet, d’éclairer la complexité des pratiques et des représentations et d’en révéler l’épaisseur. C’est donc une approche qualitative qui a été préconisée au travers d’entretiens semi-directifs.


    Au terme de ce travail, les résultats invitent à relativiser les fonctions des tourbières et incitent à substituer à l’approche générale une approche plus différenciée dont les fils conducteurs devraient être la prise en compte de la capacité des tourbières à remplir les fonctions et la considération non plus de l’écosystème mais du milieu c’est-à-dire l’ensemble des interactions entre les hommes et les tourbières.



    Fiche informative

    Discipline

    Géographie

    Directeur

    Bernard ETLICHER

    Université

    Saint Etienne

    Membres du jury de thèse, soutenue le 12 juin 2009

    - Jean-Paul AMAT, Professeur, Université de Paris IV, rapporteur
    - Hervé CUBIZOLLE, Professeur, Université de Saint Étienne, examinateur
    - Bernard ETLICHER, Professeur, Université de Saint Étienne, directeur
    - Hervé GUMUCHIAN, Professeur émérite, Université de Grenoble I, rapporteur (Paris 4)
    - Francis MULLER, Directeur du pôle-relais tourbières de Besançon, invité
    - Bertrand SAJALOLI, Maitre de conférence, Université d’Orléans, examinateur

    Situation professionnelle actuelle

    Ingénieur d’étude sur le projet PATRA août 2010 – février 2011 (patrimoine et trajectoires paysagères de la vallée de la Loire) au Centre de Recherche en Environnement et Aménagement.

    Contact de l’auteur

    Celine.Sacca@univ-st-etienne.fr

     

    credits_mentions_legales Votre monde  la carte