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    MIAMI LA CUBAINE ?

    POUVOIR ET CIRCULATION DANS UNE VILLE CARREFOUR ENTRE LES AMERIQUES

     

    VIOLAINE JOLIVET

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    Cette thèse interroge les processus de construction d'une ville du sud des États-Unis (Miami et plus largement le comté de Miami-Dade) à travers le prisme de la relation spécifique qu'elle entretient avec une population d'immigrants qui revendique sa marque de fabrique sur ce carrefour entre les Amériques. Les Cubano-américains, qui ont majoritairement quitté l'île après la victoire de la révolution castriste (1959), composent aujourd'hui une part très importante de l'élite dirigeante de la cité (économique et surtout politique) et environ un tiers de ses habitants (cf. carte).

    Répartition et concentration de la population cubaine dans le comté de Miami-Dade (2000)



    Ce sujet présente une étude approfondie de l'exil cubain (pour la majorité, la migration est comparable à un « one way ticket » avec un refus et/ou une impossibilité de retourner à Cuba à cause d'un embargo étatsunien et des lois migratoires cubaines), des conditions migratoires d'exception de cette population et de son accueil sur le sol étatsunien. Il invite à analyser la complexité des situations géopolitiques régionales d'hier (la révolution cubaine et la guerre froide) et d'aujourd'hui ainsi que les mutations politiques de Miami. L'articulation entre la géographie politique et une géographie plus sociale et culturelle est le point nodal de ce travail autour des relations entre l'espace et les sociétés à travers une approche attentive aux « enjeux de distinction, de marquage et d'appropriation de l'espace par certains groupes, certains pouvoirs » (Veschambre, 2008 : 285).

    La concentration à Miami des Cubains a fait émerger la cité comme le siège incontestable du contre-pouvoir cubain ; elle a permis une patrimonialisation et un marquage des lieux, en accord avec une autre histoire cubaine, loin des symboles révolutionnaires. Miami est désormais le cœur d'une seconde identité nationale définie par son articulation entre le territoire quitté et le territoire vécu.

    Ce territoire de l'entre-deux est le terreau de la puissance acquise par les Cubano-américains de Miami : ils ont pu et su développer de nouveaux réseaux économiques avec l'ensemble de l'Amérique et ouvrir résolument la ville aux investissements venus du Sud. Miami est aujourd'hui devenue un nœud des échanges intercontinentaux, se frayant une place de choix dans la hiérarchie des villes à l'échelle du globe. Elle a réussi à valoriser sa position stratégique, à l'heure de la mondialisation, pour devenir un véritable hub américain attirant les flux d'hommes et de capitaux.

    Pourtant Miami est encore une ville en formation, une ville à bascule entre le Nord et le Sud selon nous. La jeunesse de la ville (Sunbelt city) et la diversité de ses habitants, si elles sont valorisées par un marketing urbain qui vante une ville cosmopolite, sont pourtant les vecteurs d'une ville fragmentée sans réelle centralité. L'appropriation spatiale de Miami par les Cubains, n'a pas changé fondamentalement les modes de constructions ainsi que « les logiques de l'exclusion » à l'échelle des quartiers (Elias, 1997) dans la ville. La production de territoires urbains reflète l'adaptation des Cubano-américains aux logiques néolibérales et étatsuniennes de production de la ville (privatisation, ségrégation et désengagement des pouvoirs publics) et compromet, dans cette ville pourtant dirigée par une minorité, un « droit à la ville » pour l'ensemble des citoyen-citadins (Lefebvre, 2000 a et b).

    Toutefois, depuis les années 1980, la ville de Miami s'est transformée sous l'impulsion des Cubains ainsi que par l'infusion des cultures cubaines, caribéennes et latines qui jouent sur les représentations comme les pratiques de la ville et font naître des nouvelles citadinités au cœur de ce carrefour. Ville du Nord, vécue par une majorité d'Hispaniques et dirigée par des Cubano-américains implantés depuis à peine un demi-siècle dans la cité, Miami est devenue une véritable plaque-tournante des échanges entre les mondes américains. Nouvel « Hollywood » latino-américain, la ville est aujourd'hui le lieu de production d'une « communauté hispanique » et de son paysage médiatique à l'échelle planétaire, montrant ainsi sa capacité à concentrer des moyens et des techniques qui concourent à sa renommée mondiale.

    Ces nouvelles logiques spatiales font de Miami une ville en chantier, à la fois Babel et Babylone modernes, une ville centre et carrefour. Les interstices de ce chantier montrent cependant une créativité urbaine étonnante, qui inscrit Miami dans une dynamique relationnelle et communicationnelle entre les Amériques, symbole des créolisations inévitables (Glissant, 1997, 2000) auxquelles ce travail a porté une grande attention.

    Références bibliographiques :

    Elias N., 1997, Logiques de l'exclusion, Paris, Fayard
    Glissant E., 1997, Traité du Tout-Monde, Paris, Gallimard
    Glissant E., 2000, "La créolisation culturelle du monde" in Label France n °38 pp. 1-3
    Lefebvre H., 2000a [4ème ed], La production de l'espace, Paris, Anthropos
    Lefebvre H., 2000b [2ème ed], Espace et politique, Paris, Anthropos
    Veschambre V., 2008, Traces et mémoires urbaines, Rennes, PUR


    Fiche informative

    Lien vers la thèse:

    http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00558080/fr/

    Discipline

    Géographie

    Directeurs

    J.L Chaléard, JM Théodat

    Université

    Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

    Membres du jury de thèse, soutenue le 08 octobre 2010

    Jean-Louis Chaléard, directeur (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
    Laurent Faret, (Université Paris-Diderot Paris 7)
    Philippe Gervais-Lambony, (Université Paris-Ouest Nanterre La Défense)
    Christian Girault, rapporteur, (CNRS)
    Alex Stepick, rapporteur, (Professeur de sociologie à la Florida International University, Miami) Jean Marie Théodat, directeur (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)

    Situation professionnelle actuelle

    Post-doctorat Fulbright au Center for Urban Research de la City University of New York

     

     

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