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    globeCarnets de soutenances

     

    L’Assemblée générale des Nations unies de 1985 à nos jours : acteur et reflet du Système-Monde.
    Essai de géographie politique quantitative



    LAURENT BEAUGITTE

     

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    Une version abrégée et non illustrée de ce texte est parue en 2012 dans Comptes rendus de thèses soutenues, Revue française de socio-économie, n°9, p.275-276.

    Les sciences politiques, et particulièrement les relations internationales, ont intensément étudié l’Organisation des Nations unies (ONU) depuis sa création en 1945. L’étude quantitative de cette institution est quant à elle longtemps restée une exclusivité anglophone. L’objectif de cette thèse est de montrer l’intérêt d’une approche géographique des institutions internationales en prenant comme exemple l’Assemblée générale des Nations unies.

    Dans cette institution new-yorkaise, des acteurs de niveaux scalaires différents (États, groupes régionaux, ONG) et aux intérêts parfois antagonistes tentent de coopérer afin de bâtir les règles d’une hypothétique gouvernance mondiale dans des domaines aussi divers que le respect des droits humains, la protection de l’environnement ou le règlement des conflits internationaux. L’étude des comportements des différents acteurs, des stratégies de coopération mises en place et des conflits existants est supposée fournir des éclairages concernant l’évolution du système international. La période étudiée, à la fois pour des raisons thématiques – observer les évolutions consécutives à l’effondrement du bloc socialiste - et de disponibilités des données – la numérisation des documents onusiens a commencé en 1993 -, va de 1985 à 2010.

    La thèse est organisée en trois parties. La première partie est consacrée aux aspects théoriques et épistémologiques. Le choix du vocabulaire, des méthodes (quantitatives, de l’analyse lexicale à l’analyse des réseaux sociaux et passant par différents modèles et tests statistiques) et du cadre conceptuel (Système-Monde, dans la lignée des travaux d’Olivier Dollfus) sont précisément argumentés. L’absence de l’ONU dans les travaux menés en géographie, tant dans le monde francophone qu’anglophone, est fortement questionnée, tout comme le fréquent refus des méthodes quantitatives chez les praticiens francophones des relations internationales. Caractériser les recherches sur l’ONU permet ainsi de mettre en évidence de fortes logiques disciplinaires et nationales dont les motivations ne sont que partiellement d’ordre scientifique (rôle du contexte politique et des financements publics ou privés).

    La deuxième partie s’intéresse aux évolutions globales de l’ONU, et plus précisément à celles de l’Assemblée générale, considérée simultanément comme un système – le tout est différent de la somme des parties, et le comportement des acteurs dépend en partie du comportement des autres acteurs - et une organisation bureaucratique où l’empilement de structures souvent concurrentes est la norme. Les données disponibles (voyages du Secrétaire général, taille des délégations nationales à New York, votes et parrainages de résolutions) et l’utilisation qui peut en être faite, tant pour des modèles de régression que pour des analyses de réseau (centralité, équivalence structurale) sont clairement exposées.

    Les traitements statistiques sur les résolutions soumises au vote permettent de mettre en évidence une régionalisation politique dynamique du Système-Monde. Si le monde a beaucoup changé en vingt-cinq ans, les grands ensembles politico-spatiaux demeurent d’une grande stabilité et opposent grosso modo l’Occident (incluant le Japon puis, pour la dernière décennie, la Corée du Sud) et le reste du monde (voir figure 1). Si l’Assemblée générale peut être considérée comme un reflet relativement fidèle des évolutions du Système-Monde, et l’étude lexicale des résolutions adoptées lors de la période considérée le montre, les comportements des acteurs au sein du système onusien sont marqués par une rigidité freinant les évolutions.
    Figure 1 : Des blocs politiques d’une stabilité étonnante

    Commentaire de la figure 1 : Ces deux cartes montrent les partitions obtenues en utilisant une méthode d’analyse des réseaux sociaux (équivalence structurale) sur les similarités de vote entre Etats lors de deux sessions. Les Etats absents lors de plus de 30% des votes d’une session ne sont pas pris en compte. Si la disparition du bloc socialiste entraîne un élargissement de l’ensemble européen, et si on peut noter l’évolution de la Turquie dont les comportements de vote à l’Assemblée générale s’alignent de plus en plus sur les stratégies de l’Union européenne, la stabilité des découpages politiques l’emporte.

    Enfin, la troisième partie s’intéresse aux tensions scalaires entre niveau national, régional et international, en prenant comme exemple, mais non comme modèle, le rôle de l’Union européenne (UE) à l’Assemblée générale de l’ONU dans une perspective comparative. Mobilisant diverses méthodes quantitatives (analyse iconographique, analyse lexicale, web mapping, analyse de graphes lexicaux et modèles statistiques), cette partie permet de relativiser l’exceptionnalité (de l’Union) européenne trop souvent considérée comme un idéaltype dans la littérature scientifique. Si l’UE est un groupe soudé à l’Assemblée générale de l’ONU, tant en terme de discours que de positions de vote, elle n’est cependant qu’un groupe soudé parmi d’autres. De plus, son aire d’influence politique ne dépasse pas la sphère des pays désireux d’intégrer l’UE. Des études de cas ciblées, concernant l’évolution des comportements des États candidats à l’UE, les parrainages des résolutions au sein de la troisième commission (droits humains) ou encore les résistances au moratoire sur l’application de la peine capitale, complètent cette approche comparative.

    La conclusion plaide pour une extension des pistes explorées dans la thèse dans deux directions complémentaires. Il apparaît pertinent d’approfondir la spatialité des comportements politiques au sein du système onusien en général et de l’Assemblée générale en particulier. Le travail des commissions, très peu étudié dans la thèse, le rôle des ONG ou l’étude sur le terrain des stratégies des acteurs pour consolider leur influence mériteraient d’être examinés. Une autre piste de recherche vise à transposer le cadrage méthodologique proposé pour le tester sur d’autres organisations internationales telles le FMI ou l’OMC. L’intérêt de projets pluridisciplinaires, mêlant a minima politistes, sociologues des organisations, historiens et géographes est souligné.

    Des annexes fournies clôturent cette thèse : logithèque, glossaire des concepts et des notions utilisés, présentation détaillée des bases de données et des ressources internet disponibles. La bibliographie, pluridisciplinaire et à dominante anglophone, permet de compléter les pistes ouvertes dans cette thèse à forte visée exploratoire.


    Lien électronique

    http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00634403

    Discipline

    Géographie

    Directeur

    Christian GRATALOUP

    Université

    Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité

    Membres du jury de thèse, soutenue le 20 octobre 2011

    - Claude GRASLAND, Professeur, université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, Président du jury
    - Michel BUSSI, Professeur, université de Rouen, Rapporteur
    - Céline ROZENBLAT, Professeure, université de Lausanne, Rapporteure
    - Barbara DELCOURT, Professeure, université libre de Bruxelles, REPI.
    - Christian GRATALOUP, Professeur, université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, directeur de thèse

    Situation professionnelle actuelle

    Post-doctorant, UMR IDEES

    Contact de l’auteur

    beauguittelaurent@hotmail.com

     

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