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    POUR UNE GEOGRAPHIE DE LA GESTION DE CRISE :
    De l’accessibilité aux soins d’urgence à la vulnérabilité du territoire à Lima



    JEREMY ROBERT

     

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    L’agglomération urbaine de Lima et Callao (9 millions d’habitants) se prépare à un séisme de grande magnitude susceptible de provoquer une crise majeure. Face à cette crise à venir, quelles connaissances peut-on produire sur la vulnérabilité du territoire urbain ?

    Cette recherche a été menée au sein du laboratoire EDYTEM de l’Université de Savoie, et de l’Institut Français d’Etudes Andines (IFEA) à Lima. Elle s’insère dans les travaux du programme PACIVUR de l’IRD sur les vulnérabilités urbaines dans les pays andins et s’inscrit dans un contexte opérationnel, à travers d’étroites collaborations avec les institutions locales, principalement l’Institut National de Protection Civile (INDECI) et le ministère de la Santé péruvien.

    La recherche propose de poser les jalons d’une géographie de la gestion de crise à partir de la question de l’accessibilité aux soins à Lima. C’est une géographie urbaine à la croisée des problématiques du risque, de la crise et de la santé d’urgence, qui aborde frontalement les dimensions spatiales et territoriales de la gestion des situations de crise. Plusieurs facteurs justifient le choix de Lima où la question d’un séisme de grande magnitude occupe une place majeure sur l’agenda des pouvoirs publics. La préoccupation dont elle fait l’objet s’est vue exacerbée suite au séisme de Pisco en 2007 (200km au sud de Lima), qui provoqua plus de 500 morts, questionnant l’efficacité du dispositif de protection civile péruvien. La catastrophe d’Haïti en 2010, suivie par le séisme du Chili puis du Japon en 2011, ont maintenu le sujet au sein de l’actualité, mais les interrogations sur une crise à venir restent nombreuses. En effet, alors qu’elle fut détruite dans sa presque totalité par un séisme en 1746, la capitale péruvienne n’a plus connu de crise majeure depuis. Aujourd’hui, la ville s’est agrandie, densifiée, fragmentée, complexifiée, favorisant les inégalités sociales et la construction de nouvelles vulnérabilités qu’il s’agit d’identifier.

    Dans ce contexte, l’objectif est de démontrer l’intérêt d’une analyse des dimensions spatiales et territoriales de la gestion de crise pour la compréhension des vulnérabilités du territoire urbain. Pour ce faire, la recherche s’appuie sur un panorama de grandes crises urbaines et propose une analyse critique des paradigmes de gestion des risques et des catastrophes. Innovante, cette approche géographique impose de saisir conjointement la complexité des situations de crises et la vulnérabilité des grandes agglomérations urbaines.

    Elle part de l’idée que la gestion de crise consiste à mettre en relation des ressources utiles au moment de l’évènement et des espaces vulnérables à secourir en priorité. Une mauvaise adéquation entre ressources et besoins est source de difficultés. Suivant cette logique, une base de données géoréférencées des ressources de santé d’urgence à Lima a été construite et sert de base pour l’analyse des dimensions spatiales et territoriales de la gestion de crise. Différentes vulnérabilités sont mises en évidence : celles des hôpitaux majeurs, celles du dispositif de soins, et celles de la population à travers l’accessibilité aux soins d’urgence. Elles contribuent toutes à la compréhension de la vulnérabilité du territoire.

    Cette recherche propose de faire de la gestion de crise un véritable objet de recherche de la géographie, capable d’éclairer les questions urbaines au-delà de la problématique des risques. Elle formalise un cadre conceptuel et méthodologique alors même que les dimensions spatiales des crises ne sont que très peu explorées par les géographes. Elle propose ainsi de décrypter la vulnérabilité à partir d’une lecture conjointe des dimensions spatiales et territoriales de la gestion de crise au moment de l’événement et des processus de construction de la ville sur le temps long. Cette géographie de la crise dépasse le clivage entre prévention des risques et préparation aux situations d’urgence en s’inscrivant dans un continuum risque / crise, et réintroduit le territoire et le politique au cœur de la problématique des risques et des crises en milieu urbain. Cette approche originale soulève nécessairement une série d’interrogations, allant du positionnement du chercheur, des choix conceptuels et de leurs implications, de la reproduction de la méthodologie, jusqu’aux champs de recherche dans lesquels elle s’inscrit.

    Le contexte de travail se répercute en effet sur la recherche réalisée, qui se situe au carrefour entre la recherche et la recherche-action. Cela se traduit dans la méthode de travail, favorisant la collaboration avec les institutions locales et la production de données directement utiles pour les gestionnaires. Répondre aux besoins de ces derniers implique en retour une remise en question des cadres conceptuels classiques et la formulation de nouvelles approches plus cohérentes avec la réalité du terrain. Aussi, la démarche proposée s’appuie sur un cadre conceptuel original, plaçant les enjeux du fonctionnement urbain au cœur de la définition des risques, et ouvre des pistes pour la réduction des vulnérabilités, inscrites dans un ensemble cohérent allant de la préparation aux situations d’urgence à la prévention des risques, voire du gouvernement urbain en général.

    La démarche proposée, si elle est construite en confrontation avec le terrain particulier qu’est la ville de Lima, ne s’y limite pas. Les vulnérabilités du fonctionnement urbain de Lima renvoient en effet à des phénomènes plus globaux qui marquent l’évolution des sociétés contemporaines. Aussi, la philosophie et la démarche de cette recherche sont exportables à d’autres agglomérations urbaines, du Sud comme du Nord.

    Enfin, cette géographie de la gestion de crise propose un angle d’approche original pour la compréhension des vulnérabilités urbaines. Elle dépasse et critique les discours sur la résilience focalisés sur le renforcement des capacités locales. Elle propose au contraire de porter un regard nouveau, détaché et critique, non seulement sur les politiques de gestion des risques et des crises, mais aussi sur les modes de gouvernements, le rôle de l’Etat et les politiques publiques. Elle ouvre ainsi des pistes de réflexion, discutant le positionnement de la recherche sur les risques souvent trop enclavé, et plaidant pour une ouverture des questionnements.


    Fiche informative

    lien électronique
    http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00766252 /

    Discipline

    Géographie

    Directeur

    Patrick Pigeon et Robert D’Ercole

    Université

    Université de Savoie

    Membres du jury de thèse, soutenue le 26 octobre 2012

    Patrick Pigeon (Université de Savoie, directeur)
    Robert D’Ercole (IRD, co-directeur)
    Alain Musset (EHESS, président)
    Frank Lavigne (Paris 1, rapporteur)
    Freddy Vinet (Monptellier 3, rapporteur)
    Christina Aschan-Leygonie (Lyon, examinatrice)
    Virgina Garcia Acosta (CIESAS, examinatrice).

    Situation professionnelle actuelle

    Chercheur associé au laboratoire EDYTEM de l’Université de Savoie et à l’Institut Français d’Etudes Andines. Consultant de l’ONG COOPI dans le cadre d’un projet de recherche / coopération menée avec l’IRD à Port-au-Prince (Haïti).

    Contact de l’auteur

    jeremy.robert@univ-savoie.fr

    robert.jeremy2013@gmail.com

     

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