Accueil
   
Index
   
Soumettre
un article
   
Projet éditorial
   
Les numéros en ligne
  • 7 | 2014
    Les espaces de l'entre-deux
  • 6 | 2013
    Géographie des faits religieux
  • 5 | 2013
    Géographie humanimale
  • 4 | 2012
    Géographies critiques
  • 3 | 2012
    Les géographies des enfants et des jeunes
  • 2 | 2011
    Espace virtuels et varia
  • 1 | 2010
    Varia
  •    
    Qui sommes- nous?
       
    Contact
       
    Flux_rss Flux RSS
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       

    globeCarnets de soutenances

     

    L’IMAGINAIRE GÉOGRAPHIQUE À L'ÉPREUVE DU PHÉNOMÈNE MUSICAL

    L’exemple du flamenco en Andalousie



    NICOLAS CANOVA

     

    Télécharger l'article



    Dans la phase exploratoire du projet de thèse, avec l’annonce du sujet choisi, la surprise, l’étonnement et le refus de la plupart des personnes entretenues nous ont poussés à explorer une question particulière : comment peut-on affirmer la musique comme un objet géographique ?

    Le premier travail a été de constituer un corpus quasi exhaustif des géographies francophone, anglophone et hispanophone proposant une entrée « musique ».
    Deux observations en ressortent :
    - Un manque de lisibilité des travaux.
    - La justification – c'est-à-dire le procédé d’établissement de la justesse, mais aussi ce par quoi l’on justifie : la preuve, l’argument, l’explication, la défense…que la musique est bien un objet géographique – est très présente dans les textes.

    Constatant que la nécessité de légitimisation du sujet perdure dans le temps (1932-2012) sans pour autant affaiblir l’étonnement, nous émettions une hypothèse : la démarche de justification est elle-même porteuse de son échec. Elle serait un élément structurant des blocages de la présentation de la musique comme objet géographique. Tout le travail a cherché à savoir comment. La recherche s’est déroulée en deux grandes parties :
    - I- L’analyse des travaux du corpus
    - II- Le transfert des résultats sur le flamenco.

    La première partie a permis la compréhension des blocages propres à la thématique. Elle se décompose en deux temps : la mise en valeur du corpus d’analyse, puis son épistémocritique. Le premier résultat est un « manuel-catalogue » qui permet de comprendre comment les géographes francophone et anglophone se sont appropriés la musique. Constituant un outil de travail, ce chapitre met en évidence le nombre important de textes, l’ancienneté de la thématique et la forte multiplication des initiatives à partir des années 2000. Dans ce contexte, toutes les géographies (culturelle, humaniste, sociale, économique, politique…) se croisent sur la thématique.

    Nous avons alors procédé à l’épistémocritique des travaux mis en avant. Celle-ci a consisté en une analyse croisée des textes pour jauger les cohérences et incohérences. L’objectif étant de comprendre les mécanismes d’enfermement disciplinaire préalablement constatés. Nous avons regardé notamment comment les auteurs identifient et expliquent les blocages. D’abord, il s’est agit de confirmer la figure tautologique issue de l’observation initiale – celle qui relie l’étonnement, la justification et l’inertie disciplinaire. Elle naît des décalages entre l’identification des problèmes, la manière de les expliquer et le résultat des tentatives de résolution. Une proposition en ressort avec le concept de « sous-courant disciplinaire ». Son apparition est le résultat d’une justification plus axée sur des affirmations que sur la démonstration. Il est révélateur tantôt de stratégies de combat, tantôt de position de repli. Sa lecture processuelle a proposé de le définir comme « l’inclusion infradisciplinaire d’un objet ». Il nous a permis ainsi de valider l’hypothèse d’un modèle enfermant de justification. C’est par déduction que nous avons construit l’ouverture. Le modèle ouvrant est celui qui fait coïncider l’identification des problèmes avec leur explication ; celui qui relie l’affirmation et la démonstration de la musique comme objet géographique ; et qui n’enferme donc pas l’objet dans un sous-courant disciplinaire. Pour mieux dessiner ce modèle, un second niveau d’épistémocritique est revenu sur l’extension disciplinaire de la thématique, c'est-à-dire la non-construction d’un sous-courant, ainsi que sur les éléments interdisciplinaires de la justification. Ce second niveau de lecture critique a mis en évidence que l’enfermement et l’ouverture sont dépendantes d’un même processus de justification. Affirmant la dominance de la complexité, ce constat nous fait penser que toutes les géographies de la musique ont leur place dans le processus d’affirmation de la musique comme objet géographique.

    La partie de « terrain » sur le flamenco a eu vocation à tester ces propositions. La mise en valeur d’un nouveau corpus a fait émerger un nouveau « problème géographique ». Fondateur du « débat flamencologique », il révèle les incertitudes et les oppositions qui dominent dans les réflexions sur le flamenco. L’adaptabilité du modèle justificatif a consisté à faire émerger les travaux qui proposent un imaginaire géographique fermé du flamenco avec ceux qui ouvrent les frontières ; à comprendre en somme comment le flamenco est représenté géographiquement. La méthodologie a proposé un découpage en trois échelles d’observation (macro-, méso- et microgéographique), puis une analyse interscalaire et interspatiale.

    Nous avons mis en tension la théorie d’un espace originel et d’une diffusion par vagues successives avec les travaux sur l’hybridation qui font état d’une émergence multiple. Ici s’opposent respectivement les thèses « sociale » (espace lissé dominé par le rural et le gitanisme) et « culturelle » (espace mosaïqué, urbain et cosmopolite). Dans ce contexte, l’affirmation tantôt andalouse tantôt espagnole renvoie aux stratégies politiques, alors que la fluidité dénote l’internationalisation effective depuis les origines, ainsi que les allers et retours qui lui sont liés.

    La principale proposition heuristique qui en ressort, c’est la nécessité de penser le couple fluidité/fixité propre aux représentations flamencologiques. Une majeure partie des travaux a eu tendance à construire un imaginaire géographique empreint de fixité alors que la fluidité s’affiche comme concept fondateur des réalités spatiales du flamenco. Faire le lien entre les différentes théories a pu nous mener à une réflexion sur les espaces socioculturels. Par contre, le lien entre ceux-ci et la dimension politique apparaît encore hasardeux. L’action politique s’affiche souvent comme insoutenable dans ce domaine, comme l’illustre l’exemple de la « Ciudad del flamenco » à Jerez-de-la-Frontera. La qualification politique des espaces du flamenco apparaît trop désaxée des réalités socioculturelles.

    La mise au jour des modèles enfermant et ouvrant les perspectives géographiques du flamenco nous amène à poursuivre sur l’analyse processuelle les unissant. Nous avons proposé ainsi une géographie possible du flamenco. Celle-ci affirme la nécessité de relier les actions de patrimonialisation, propres aux formes d’inscription spatiale du flamenco où intervient notamment l’ « invention de la tradition », avec les actions de développement qui nourrissent la lecture d’un phénomène mouvant. La notion de ressource territoriale nous a semblé être une bonne manière de mettre l’imaginaire géographique du flamenco à l’épreuve de ses réalités spatiales.
    Débouchant sur le domaine du développement territorial, la thèse affiche des perspectives de recherches futures nées d’un doute : comment faire pour relier les théories de l’action avec la discipline de l’action dans laquelle nous nous sommes engagés ?


    Fiche informative

    Lien électronique

    http://wp-annuaire.upmf-grenoble.fr/tiny_uploads/CANOVA_Nicolas_2012.pdf

    Discipline

    Géographie

    Directeur

    Olivier Soubeyran

    Université

    Grenoble Universités

    Membres du jury de thèse, soutenue le 24 octobre 2012

    − Francine BARTHE-DELOIZY, Maître de conférences-HDR à l’Université de Picardie (Rapporteur)
    − Philippe BOURDEAU, Professeur de géographie à l’Université de Grenoble (examinateur)
    − Dominique CROZAT, Professeur de géographie à l’Université de Montpellier 3 (Président)
    − Mercedes GOMEZ GARCIA-PLATA, Maître de conférences à l’Université de Paris 3 (examinateur)
    − Yves RAIBAUD, Maître de conférences-HDR à l’Université de Bordeaux 3 (Rapporteur)
    − Olivier SOUBEYRAN, Professeur de géographie à l’Université de Grenoble (Directeur)

    Situation professionnelle actuelle

    ATER à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand

    Contact de l’auteur

    canovanicolas@yahoo.fr

     

    credits_mentions_legales Votre monde  la carte