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    globeCarnets de soutenances

     

    LA PLACE ET LE RÔLE DE L’AGRICULTURE A LA PERIPHERIE DES VILLES MOYENNES
    Le cas des villes d’Annecy, Bourg-en-Bresse, Montbrison et Romans-sur-Isère



    CLEMENT ARNAL

     

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    Cette thèse s’inscrit dans un contexte où les liens entre agriculture et ville semblent se renforcer (Germain et al., 2006). La patrimonialisation de l’agriculture en milieu périurbain, pour ses paysages, son bâti, ses produits « du terroir » y participe. Il semble que nous assistions également à la reconquête d’une fonction d’alimentation de proximité pour l’agriculture périurbaine (Aubry, 2007). Enfin, l’agriculture est de plus en plus considérée comme une « infrastructure de la ville durable » (Fleury, Moustier, 1999) débouchant sur la constitution de projets agriurbains.

    Problématique, hypothèses et méthodologie
    La principale originalité de cette recherche réside dans l’échelle d’analyse adoptée : celle des villes moyennes. Leur particularité au sein de la hiérarchie urbaine est avérée : elles se démarquent par leur rôle de centralité et de polarisation pour les territoires ruraux environnants, et leur fonction d’intermédiation entre les petites villes et espaces ruraux et les métropoles et régions urbaines (Commerçon, 1999).
    Dans ce contexte urbain particulier, l’agriculture a-t-elle plus sa « place » que dans les grandes villes ? Les relations qui s’établissent entre les villes moyennes et l’agriculture située à leur périphérie sont-elles spécifiques ? Et qu’est ce qui les caractérise, quels en sont les fondements ?
    Trois hypothèses ont guidé cette recherche. Premièrement, nous postulions que les villes moyennes ont conservé une certaine proximité avec l’activité agricole située à leur périphérie, héritage de leur fonction de ville - marché. Deuxièmement, nous supposions qu’en raison de cette proximité, les villes moyennes se positionnent différemment des grandes villes en ce qui concerne la place et le rôle alloués à l’agriculture dans leur projet urbain et leurs projets de territoires. Troisièmement, nous présumions que l’agriculture participe à la « qualité de vie » des villes moyennes, et est en conséquence instrumentalisée par ces villes et leurs territoires de projet.
    Pour répondre à ces questionnements, nous avons procédé à une analyse comparative conduite dans quatre villes moyennes de la région Rhône-Alpes : Annecy, Bourg-en-Bresse, Montbrison et Romans-sur-Isère. Différentes méthodes et outils ont été utilisés, afin de rendre compte des relations complexes entretenues entre les villes moyennes et l’agriculture : enquête de terrain par entretiens semi directifs ; recherches bibliographiques et documentaires ; statistique ; cartographie interactive ; observation participante.

    Principaux résultats

    En premier lieu, la thèse montre que l’agriculture est « dans la ville » : trois des quatre villes moyennes étudiées (Bourg, Montbrison et Romans) comptent encore des exploitations et des espaces agricoles en leur sein. Surtout, l’agriculture tient une place encore importante à la périphérie de ces villes moyennes, et ce en raison du nombre d’exploitations présentes, de sa prépondérance au sein de l’occupation spatiale, et de sa contribution à la structuration des paysages et du cadre de vie.

    Illustration 1 : « Vaches en ville » à la périphérie d’Annecy (photo C. Arnal)

    La thèse met également en évidence la métamorphose de l’approvisionnement des villes moyennes par l’agriculture de proximité, oscillant entre héritage de leur ancienne fonction de ville - marché (par le maintien de marchés alimentaires) et renouvellement, avec l’apparition de nouvelles formes, diversifiées, de circuits courts. Cette question de l’approvisionnement tient une place centrale dans la relation entre villes moyennes et agriculture, dans la mesure où l’accès à des produits locaux constitue souvent le premier contact entre citadins et monde agricole, et où les collectivités territoriales mettent en œuvre des politiques publiques destinées à favoriser l’essor des circuits courts de proximité.

    Illustration 2 : Marché couvert de Bourg-en-Bresse (photo C. Arnal)

    La thèse souligne aussi le maintien d’une fonction agricole et agroalimentaire pour les villes moyennes. Services et équipements agricoles, entreprises agroalimentaires et de commerce de gros sont polarisés par ces villes et leurs agglomérations. La création du technopôle Alimentec à Bourg-en-Bresse, dédié aux activités de R&D agroalimentaires, constitue l’exemple le plus emblématique des synergies existantes entre villes moyennes et filières agroalimentaires.

    Illustration 3 : Technopôle Alimentec (photo C. Arnal)

    Le lien à l’agriculture se construit enfin à travers la patrimonialisation de l’agriculture, notamment par la valorisation des produits du terroir et l’organisation de manifestations « agriculturelles ». Ce qui est particulièrement le cas à Bourg-en-Bresse, ville de la « volaille de Bresse », et Montbrison, associée au fromage du même nom (la Fourme de Montbrison), qui valorisent leur attachement au produit emblématique de leur terroir à travers leur appartenance au réseau « Sites Remarquables du Goût ».

    Illustration 4 : Affiche des Journées de la Fourme et des Côtes du Forez 2012

    L’agriculture est ainsi convoquée, selon différentes modalités, dans la symbolique identitaire des villes moyennes d’Annecy, Bourg-en-Bresse, Montbrison et Romans-sur-Isère, où la « qualité de ville » se conjugue à la qualité de l’agriculture locale. Ces villes instrumentalisent leur lien à l’agriculture, par le biais des marchés, des produits du terroir et des manifestations agriculturelles, mais aussi de l’agroalimentaire. Il participe à leur identité, leur image et leur attractivité territoriale. Il est alors publicisé, étant donné à voir à des habitants en quête d’identité ou à des touristes friands d’authenticité, et est mis en avant comme l’un des garants de leur « qualité de vie », leur permettant de se différencier des grandes villes proches (Lyon, Grenoble ou Saint Etienne).
    Il subsiste toutefois des paradoxes évidents dans le positionnement des collectivités territoriales, entre un discours attentif à l’agriculture et à sa valorisation et une absence de protection du foncier agricole face à un étalement urbain marqué. D’un côté, les villes moyennes et leurs territoires de projets reconnaissent de principe la place et le rôle de l’agriculture, et souhaitent jouer la carte de la proximité à l’agriculture, notamment pour satisfaire leurs populations et les communes rurales proches avec lesquelles elles sont liées dans le cadre de projets de territoire. De l’autre, il ressort clairement que l’agriculture est loin d’être prioritaire dans les projets urbains et de territoire. Ces villes souhaitent avant tout assurer leur développement économique et leur croissance démographique, et trouver leur place au sein de l’armature urbaine régionale. De ce positionnement ambigu découlent des antagonismes, cristallisés autour de la question de l’expansion urbaine et de la pression foncière pesant sur l’activité agricole, point d’achoppement majeur entre mondes agricole et urbain.

    Références bibliographiques
    AUBRY C., (2007), La gestion technique des exploitations agricoles, composante de la théorie agronomique, Mémoire d’HDR, Institut National Polytechnique, Toulouse, 101 p.
    COMMERCON N., (1999), « Entre métropoles et pays, les villes moyennes des plaines de la Saône », in COMMERCON N., GEORGE P. (dir.), Villes de transition, Editions Anthropos, Paris, pp. 21-68.
    FLEURY A., MOUSTIER P., (1999), « L’agriculture périurbaine, infrastructure de la ville durable », Cahiers Agricultures, vol. 8, n° 4, , pp. 281-287.
    GERMAIN P. et al., (2006), « La re-territorialisation du développement agricole : le cas de l’agriculture périurbaine d’Angers », Revue d’Économie Régionale et Urbaine, n°3, Bordeaux, pp. 373-392.


    Fiche informative

    Lien électronique de la thèse

    http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/76/20/97/PDF/These.Arnal.pdf

    Discipline

    Géographie, aménagement et urbanisme

    Directeur

    Claire Delfosse

    Université

    Université Lumière – Lyon 2
    Laboratoire d’Etudes Rurales (EA 3728)
    Thèse financée par la région Rhône-Alpes, Cluster « Agricultures, acteurs et territoires ».

    Membres du jury de thèse, soutenue le 19 septembre 2013

    - Christine AUBRY, Agronome, Ingénieur de Recherche INRA, UMR Sadapt, Agroparistech (Rapporteur)
    - Lydia COUDROY DE LILLE, Professeur de Géographie, UMR 5600, Université Lyon 2 (Présidente)
    - Claire DELFOSSE, Professeur de Géographie, LER, Université Lyon 2 (Directrice)
    - Jean-Charles EDOUARD, Professeur de Géographie, CERAMAC, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand (Examinateur)
    - Laurent RIEUTORT, Professeur de Géographie, CERAMAC, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand (Rapporteur)

    Situation professionnelle actuelle

    Post-doctorat, INRA - UMR 951 Innovation, Montpellier ; programme ANR Patermed (Paysages et Terroirs Méditerranéens)

    Contact de l’auteur

    clement.arnal@yahoo.fr

     

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