Accueil
   
Index
   
Soumettre
un article
   
Projet éditorial
   
Les numéros en ligne
  • 7 | 2014
    Les espaces de l'entre-deux
  • 6 | 2013
    Géographie des faits religieux
  • 5 | 2013
    Géographie humanimale
  • 4 | 2012
    Géographies critiques
  • 3 | 2012
    Les géographies des enfants et des jeunes
  • 2 | 2011
    Espace virtuels et varia
  • 1 | 2010
    Varia
  •    
    Qui sommes- nous?
       
    Contact
       
    Flux_rss Flux RSS
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
    >

    globeCarnets de soutenances

     

    ANALYSE DE L’OCCUPATION DU SINAÏ CENTRAL DURANT L’HOLOCÈNE : COMPARAISON ENTRE LES OCCUPATIONS HUMAINES ANCIENNE ET ACTUELLE

     

    FRANCK DERRIEN

     

    Télécharger l'article

    Le Sinaï est une péninsule d’environ 60 000 km², délimitée à l’ouest par le canal de Suez et à l’est par la frontière avec la Bande Gaza et Israël (Figure1). Large de 200 km d’ouest en est et de 380 km du nord au sud, entouré à l’ouest par le golfe de Suez et à l’est par le golfe d’Aqaba, le Sinaï est traditionnellement divisé en trois régions géologiques. La partie nord est formée par des dunes de sable et des dépôts d’origine Quaternaire. Plus au sud, l’immense plateau du gebel al-Tih est constitué d’affleurements calcaires du Tertiaire. Enfin, certains sommets des montagnes méridionales de granite et de basalte dépassent 2 500 m d’altitude.

    L’analyse critique des différentes prospections archéologiques réalisées dans la péninsule du Sinaï montre clairement que la partie ouest du Sinaï central n’avait jamais été explorée totalement avant l’inventaire initié par l’IRD et l’IFAO. Sans étude de cette zone, tout modèle d’occupation ancienne du territoire sinaïtique se révèle insuffisant. C’est dans ce cadre que j’ai intégré le programme IRD-IFAO « Sinaï central » en 2004. Recruté par le Ministère français des Affaires Etrangères en tant que chercheur et affecté au Caire entre novembre 2004 et novembre 2006, l’objectif de ce séjour en Egypte était d’intégrer les données spatialisées issues de l’inventaire archéologique du Sinaï central dans un système d’informations géographiques.

    Inscrit parallèlement en thèse de doctorat à l’université d’Aix-Marseille, je suis alors chargé de réaliser une étude comparative des occupations humaines ancienne et récente dans le Sinaï. Le Sinaï central est une zone encore relativement isolée. La communauté scientifique dispose de peu de données, anciennes ou récentes, au sujet de ces populations. J’ai donc entamé une étude relative aux populations bédouines actuellement installées dans la péninsule. Je me suis plus particulièrement intéressé aux structures tribales (tribu, sous-tribus, familles, clans...), à la répartition spatiale des tribus, à la gestion saisonnière des territoires, aux limites des territoires tribaux et aux pratiques liées au culte des saints.

    D’un point de vue méthodologique, l’ensemble des données environnementales, anthropologiques et archéologiques a été analysées par le SIG car la surface de la concession archéologique est gigantesque. Plusieurs centaines de sites ont été repérés. Plusieurs milliers de structures ont été identifiées. L’intégration des données géolocalisées permet de visualiser la position de chaque site et d’en analyser la répartition. La possibilité d’associer des valeurs numériques ou nominales pour chaque site permet de réaliser des statistiques, mais aussi d’effectuer des tris et de visualiser ensuite graphiquement le résultat, de façon quasi-instantanée. Le SIG permet d’aborder notre problématique par une approche multi-échelle (péninsule, nécropole, habitat, tombe…). Enfin, le SIG présente aussi l’intérêt d’être un logiciel de cartographie, de dessin, et donc de présentation de données. Plus de 70 cartes sont présentées dans mon mémoire de doctorat.

    Les populations anciennes du Sinaï central n’ont pas laissé d’écrits. Les fouilles des structures anciennes inventoriées dans le Sinaï central n’ont permis la mise au jour que de très peu de matériel archéologique. Parallèlement, l’ethnoarchéologie est devenue un élément important de la recherche archéologique. Il ne s’agissait pas ici de réaliser une étude anthropologique exhaustive mais bien d’apporter des éléments permettant de contribuer à une meilleure compréhension de l’occupation actuelle du Sinaï et, autant que faire se peut, d’en tirer des conclusions utiles à une meilleure connaissance de l’occupation ancienne de ce territoire et à la gestion de l’espace.

    Les manuscrits du monastère de Sainte-Catherine, les documents du British Foreign and War Office, les documents des administrations égyptienne et turque, les récits des anciens voyageurs européens et les articles scientifiques plus récents sont les seules sources de données écrites disponibles pour cette étude anthropologique. Ces deux dernières sources sont les plus accessibles et, pour l’instant, celles qui en apprennent le plus à ce sujet. C’est pour cette raison que je les ai privilégiées.

    Toutefois, il faut avoir conscience des limites des récits de ces expéditions. Mis à part Palmer E.H. (1871) qui a campé durant six semaines dans le voisinage de Sainte-Catherine en 1868, la plupart de ces missions n’excèdent pas une semaine, parfois deux. Ce sont en général les mêmes zones qui sont explorées. De plus, les spécialistes se sont surtout intéressés aux Bédouins du sud Sinaï, et plus particulièrement à certaines tribus comme les Gebellieh, les Gararcha et les Saoualha. En revanche, les données relatives aux tribus des parties septentrionale et centrale du Sinaï sont quasi-inexistantes. Enfin, la maitrise de la langue arabe constitue un obstacle majeur à la bonne compréhension des populations installées dans la péninsule. Parmi les auteurs les plus anciens, il semble que seuls Burckhardt (1822) et Palmer E.H. (1871) parlaient suffisamment bien l’arabe pour communiquer directement avec les Bédouins.

    Depuis des millénaires, cette péninsule est traversée et occupée par des populations humaines qui se sont adaptées aux conditions environnementales rudes, difficiles et souvent hostiles. Les centaines de sites et les milliers de structures funéraires, cultuelles et d’habitats sont autant de témoins de l’occupation ancienne de cette zone. Le Sinaï central n’est donc pas un désert archéologique. Ce doctorat fut donc l’occasion d’élaborer une nouvelle cartographie de la répartition des sites archéologiques et des structures des plus grandes nécropoles du Sinaï central.

    Le Sinaï est actuellement occupé par une trentaine de tribus, aux origines géographiques différentes et arrivées par vague successives. Les effectifs de ces tribus sont très variables. L’étude des territoires et de la gestion de l’espace met en évidence la variabilité de la taille des territoires (Figure 2), une occupation hétérogène du territoire (Figure 3), une occupation différentielle de l’espace en fonction des saisons et le bénéfice mutuel de l’accès réciproque aux pâturages. Le recensement égyptien de 2006 fait état d’environ 340 000 habitants dans le gouvernorat du nord Sinaï et de 150 000 dans le gouvernorat du sud Sinaï, soit 490 000 au total. Actuellement, la majeure partie des Bédouins est installée sur le littoral méditerranéen. Le secteur d’al-Arich est le plus densément peuplé de la péninsule. Par contre, le secteur du Sinaï central est pratiquement vide de population, tout comme les montagnes du Sinaï méridional. Les densités y sont très faibles, souvent inférieures à 1 hab./km². Cette étude a permis de confirmer qu’au moins jusqu’en 2006, des Bédouins se rassemblaient autour de certains mausolées élevés en l’honneur de certains saints, comme celui de Cheikh Nasr Allah dans le Sinaï central par exemple (Figure 4).

    Figure 1 : image satellite de la péninsule du Sinaï (Google Earth, 2014)



    Figure 2 : Carte des territoires tribaux en 2009



    Figure 3 : Carte des densités de population en 1996



    Source des données issues du recensement de 1996 : CEDEJ

    Figure 4 : Mausolée de Cheikh Nasr Allah (oasis d’Ain Hegiya, Sinaï central)



    2006, Franck Derrien


    Fiche informative

    Discipline

    Archéologie

    Directeur

    François PARIS

    Université

    Université d'Aix-Marseille

    Membres du jury de thèse, soutenue le 25 juin 2012

    Pascal BUTTERLIN, Professeur à l’université Panthéon-Sorbonne (Paris I), Président du Jury
    François PARIS, Directeur de Recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement, Directeur de thèse
    Pierre TALLET, Maitre de conférences à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), Rapporteur
    Jean-Michel MOUTON, Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, Rapporteur
    Marc SOURIS, Directeur de Recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement, Examinateur
    Jean-Pierre BRACCO, Maitre de conférences à l’université d’Aix-Marseille, Examinateur

    Situation professionnelle actuelle

    Chercheur associé au Cedej de Khartoum

    Contact de l’auteur

    franckderrien@yahoo.fr

     

    credits_mentions_legales Votre monde  la carte